Avant la fermeture de la galerie et jusque dans les années 1980, des chercheurs de l’établissement notamment Francis Petter, Jean Dorst et Claude Lévi, se mobilisent pour alerter les médias et les pouvoirs publics. Pour remettre en état la galerie, ils font des propositions qui s’organisent autour de la zoologie, mais on voit également poindre l’écologie liée à la montée des problématiques environnementales et l’évolution des espèces.


En 1986, une vaste réserve, la zoothèque, permet le rangement des collections entreposées jusque-là dans la galerie. La même année, lors d’une large consultation des chercheurs de l’établissement initiée par le directeur du Muséum, Philippe Taquet, le thème de l’Évolution apparait comme le plus fédérateur pour les nouvelles présentations de la galerie. Peu après, le premier synopsis de la galerie est écrit par Michel van Praët qui renverse l’approche strictement pédagogique et didactique développée dans les musées à l’époque et met en avant le principe d’un musée d’objets/musée d’idées.

En 1987, une équipe de coordination chargée d’écrire le programme muséologique de la galerie est créée : c’est la cellule de préfiguration de la Galerie de l’Évolution, dirigée par M. Van-Praët.

En février 1988, le jury international pour le concours d’architecture choisit, parmi les six équipes en compétition, le projet de Paul Chemetov, Borja Huidobro, Ponthus Hulten et René Allio.

En Juillet 1989, la maîtrise d’ouvrage du projet est confiée au Secrétaire d’Etat chargé des Grands Travaux, Emile Biasini.

Le chantier est ouvert en avril 1991. Le 21 juin 1991, les grands mammifères qui n’avaient pas rejoint la zoothèque du fait de leur taille, quittent la galerie sous une pluie battante. Ils seront restaurés comme la plupart des animaux choisis pour illustrer le propos scientifique de la galerie. En 3 ans, un millier d’animaux ont été restaurés par les taxidermistes : 350 mammifères, 500 oiseaux, plus d’une centaine de reptiles, de poissons et amphibiens.

La galerie commence alors sa spectaculaire métamorphose. Le projet des architectes prévoit une entrée dans l’axe longitudinal de la nef. Pour cela, il faut détruire la galerie de Vénus ce qui offre à la galerie sa seule source de lumière naturelle. Ensuite la nef est creusée pour créer deux niveaux supplémentaires ; il s’agit de l’une des étapes les plus délicates du chantier. Cette excavation met au jour des fondations en pierre de meulière et des arcatures insoupçonnées. Le comblement de la nef est ensuite réalisé avec une structure métallique contemporaine qui dialogue avec l’architecture en fonte du XIXe siècle. La scénographie de la galerie est confiée à René Allio qui avec les architectes, prône l’"Allusion plutôt que illusion". Il définit les principes fondamentaux qui respectent les idées scientifiques portées par la Grande Galerie de l’Évolution : une scénographie de notre temps (pas de représentation de la nature sous forme de dioramas), une esthétique du vide et du plein, des parois animées, entièrement machinées.

La Grande Galerie de l’Évolution a été inaugurée le 21 Juin 1994 par François Mitterrand.

Les 20 ans de la Grande Galerie de l'Évolution : témoignage de Philippe Taquet © MNHN - Réal. Frédéric Dubos

Hélène Waysbord : 20 ans, c'est jeune pour une vieille dame ! © MNHN - Réal. Ndaya Mwamba