Désertes, paradisiaques, continentales ou volcaniques, les îles recouvrent une pluralité de réalités que l’exposition nous propose de découvrir. Ces parcelles de terre isolées par la mer induisent des modes de vie particuliers pour les habitants, mais aussi pour la faune et la flore qui les composent.


DU 26 FÉVRIER 1997 AU 6 JANVIER 1998

Exposition Îles : vivre entre ciel et mer © MNHN - Service multimédia

Des Kerguelen à Tonga, d’Ouessant aux Antilles, îles chaudes ou froides captivent et intriguent. Géologues, préhistoriens, botanistes, zoologues ou ethnologues, voient dans ces continents à taille réduite, des objets d’étude inégalables. Ces microcosmes sont des lieux privilégiés pour l’observation scientifique de la complexité du monde vivant, à travers les relations entre les populations humaines, animales et végétales.

Dans un décor tout en courbes, évocateurs des rivages, la scénographie favorise une circulation fluide qui invite à un voyage d’île en île.

Qu’est-ce qu’une île ?

Face à quatre grandes photos illustrant la diversité des îles, le visiteur commence son excursion. Sur une immense carte, il peut identifier les îles qui l’ont fait rêver et s’imprégner de l’idée que s’en sont faite savants et illustres prédécesseurs. Synonymes d’aventures fabuleuses ou d’isolement terrifiant, les îles sont un moteur pour l’imaginaire comme le rappellent les allusions à l’île au trésor de Stevenson ou la plus écossaise île noire de Tintin.

L’isolement

En longeant la proue de la Santa Maria, l’un des trois navires qui accompagnèrent Christophe Colomb, le visiteur s’imprègne de quelques phrases du journal de l’explorateur. Il pénètre ensuite dans un espace où plusieurs plateaux de bois aux bords en pente douce constituent des îlots accueillant animaux naturalisés, textes, photos ou objets. Cet ensemble insolite reflète les effets de l’isolement qui favorise souvent la différenciation. Tortue des Galápagos, chou des Kerguelen ou statue de l’île de Pâques permettent d’examiner particularités biologiques et productions originales des hommes.

Sites d’échanges et de liens

Les îles sont aussi des lieux de passage et d’échanges avec l’extérieur, avec d’autres terres. Un "radeau" symbolique, portant fruits et animaux, témoigne des transports de noix de coco, ignames et autres patates douces à bord des embarcations. L’exposition met l’accent sur la navigation, le troc et la pêche, activités stratégiques dans les sociétés insulaires.

Quel avenir ?

Un ensemble de colonnes, éclairées comme autant de phares, interrogent le visiteur. Avec le développement des transports, les relations des îles avec les autres terres se sont intensifiées. Quelles seront les conséquences sur les peuplements insulaires ? Le récit du Dodo de l’île Maurice, disparu pour n’avoir pas pu s’adapter aux changements de son environnement, souligne la fragilité de ces écosystèmes.

Isolats continentaux

La fin de l’exposition fait découvrir les isolats continentaux. Certaines régions, confrontées à un environnement très spécifique, fonctionnent comme des espaces insulaires. Des populations humaines, à l’image des communautés religieuses vivant recluses, peuvent se suffire à elles-mêmes et n’avoir que de brefs échanges avec le monde extérieur. Un ensemble de plots lumineux et d’audiovisuels permettent d’en prendre conscience.