Wheke fait partie des rares spécimens naturalisés de calmar géant, le plus grand céphalopode connu. Pêché en 2000 au large de la Nouvelle-Zélande, il a rejoint le rez-de-chaussée la galerie en 2008.


L'histoire de Wheke, le calmar géant, en bande-dessinée © MNHN - Jean-Pierre Baux

Arrivée de Wheke, le calmar géant dans la Grande Galerie de l'Évolution © Fnac live

Entre mythes et réalité
De nombreuses légendes parlent de monstres marins à l’apparence de pieuvres ou de calmars, comme Scylla la créature tentaculaire d’Homère ou le mythe scandinave du Kraken. Au XIXe siècle, la chasse au cachalot et la multiplication des expéditions scientifiques multiplient les preuves de leur existence : restes de calmars géants retrouvés dans les estomacs de cachalot, empreintes de ventouses sur leur peau ou encore individus échoués. Le genre de calmar géant Architeuthis est décrit en 1857. En 1861, l’équipage du navire français l’Alecton harponne un calmar géant après au large de Ténériffe mais ce dernier parvient à s’enfuir. Le monstre dans Vingt mille lieues sous les mers est inspiré de cette aventure. En 2004, deux scientifiques sont parvenus à photographier un spécimen à 900 m de profondeur au Sud du Japon et en 2012, ils ont même réussi à le filmer.

Le calmar géant de Nouvelle-Zélande
En 2000, un calmar géant est pêché au large de la Nouvelle-Zélande qui l’offre au Muséum. C’est à ce moment qu’il sera baptisé, Wheke, en référence à la légende Maori contant la découverte de la Nouvelle-Zélande.

Wheke, la légende Maori
L’histoire commence sur l’île Hawaïki en Polynésie. Un jour, aux abords d’un village de pêcheurs, Wheke, le calmar géant, détruit les filets et mange tous les poissons. Furieux, un pêcheur nommé Kupe promet de venger son village et part à sa poursuite. Mais Wheke est un adversaire tenace : la poursuite dure des semaines. Un jour, Kupe et ses amis aperçoivent au loin une bande de terre surmontée d’un long nuage blanc. Ils l’appellent Aoteraroa "la terre-au-long-nuage-blanc". Ils venaient de découvrir la Nouvelle-Zélande. Wheke enfin attrapé, les pêcheurs s’installent sur l’île et deviennent les premiers Néozélandais.

Une naturalisation hors norme
La technique choisie pour naturaliser Wheke est la plastination. Cette technique consiste à déshydrater l’animal et de remplacer par une résine plastique le liquide du corps. Celui-ci a ensuite été consolidé à l’aide de structures insérées dans les tentacules, les bras et les entonnoirs. 300 ventouses ont été reconstituées, le bec d’origine a été replacé et des yeux en verre ont été insérés. Wheke a ensuite été coloré pour être plus proche de la réalité. Les images filmées en 2012 révèlent l’aspect étonnement brillant de la peau des calmars géants.

Où le trouver ?
Wheke se trouve au niveau 0 "Diversité du vivant - Milieux marins", dans l'espace consacré aux plaines abyssales.

Fiche espèce : le calmar géant (Architeuthis dux)

Généralités
La taille maximale du calmar géant n’est pas connue avec exactitude. Les plus grands spécimens mesuraient jusqu’à 18 m de long dont 11 m de tentacules. Le plus gros pesait 450 kg. Un œil de 40 cm retrouvé dans l’estomac d’un cachalot suggère des calmars géants mesurant jusqu’à 25 m de long, et qui pèseraient une tonne.

Répartition
L’aire de répartition de cette espèce est mondiale. Son exacte distribution n’est pas connue mais les observations sont plus fréquentes dans l’Atlantique et le Pacifique Nord, au large des côtes de l’Afrique du Sud et de la Nouvelle Zélande.

Statut
Les calmars géants sont classés en préoccupation mineure selon l’UICN. En effet, l’espèce présente une répartition géographique large. Son milieu est constitué par les eaux profondes, moins touchées par l’impact de l’homme.

Habitat et mode de vie
Le calmar géant vit entre 500 et 1000 m de profondeur. Il se déplace par propulsion à l’aide de ses deux entonnoirs latéraux par lesquels il expire de l’eau. Ce moyen de locomotion en fait un nageur hors pair des milieux pélagiques. En dépit de sa grande taille, il se nourrit de petites proies, poissons abyssaux ou d’autres céphalopodes. Il lui arrive occasionnellement d’être cannibale. Le calmar géant ne connaît qu’un seul prédateur, le cachalot, qui raffole de sa chair. Son encre, qu’il peut projeter pour se défendre, est peu efficace pour échapper à ce redoutable prédateur.

Reproduction
Pour se reproduire, le mâle possède deux bras spécialisés garnis de coussinets. Le mâle commence par déchirer un des bras de la femelle et il lui injecte ensuite trois sacs remplis de spermatozoïdes. Cette fécondation est appelée par les spécialistes, fécondation traumatique. En 2007, pour la première fois, une larve de calmar géant fut trouvée par le scientifique Steve O’Shea. Il tenta de la faire grandir en aquarium mais sans succès. Nous ne savons toujours rien du développement de la larve en géant des abysses.