Le rhinocéros de Louis XV est certainement un des plus vieux spécimens de la galerie. Cette ancienneté et son histoire mouvementée expliquent son aspect curieux que vous pouvez découvrir au niveau 3.


Rhinocéros de Louis XV © Emmanuelle Blanc - MNHN

Un rhinocéros pour le roi de France
Un rhinocéros est offert à Louis XV par le Gouverneur de Chandernagor. C’est un mâle de l’espèce indienne. Il embarque le 22 décembre 1769 et fait escale dans les îles Bourbon et de France (aujourd’hui île de la Réunion et île Maurice). Parmi le public de l’île de France se pressant pour voir le rhinocéros se trouve Bernardin de Saint-Pierre qui le décrit comme "fort et méchant" ! Déparquant à Lorient le 11 juin 1770, un chariot spécial est construit pour le transporter jusqu’à la Ménagerie de Versailles.

L’hôte de la ménagerie du château de Versailles
Le rhinocéros est installé dans un enclos pourvu d’un bassin, construit spécialement pour lui. Buffon rend plusieurs fois visite au rhinocéros pour l’étudier. L’animal est plutôt agressif, Cuvier rapporte : "Il tua deux jeunes gens qui s’étaient imprudemment introduits dans son parc".

La fin du rhinocéros
En 1792, la Ménagerie de Versailles n’abrite plus que quelques animaux : un lion du Sénégal, un couagga, un bubale… et le vieux rhinocéros. Bernardin de Saint-Pierre propose leur déménagement dans la nouvelle Ménagerie du Muséum, au Jardin des Plantes. Mais le rhinocéros meurt avant son transfert vers Paris, le 2 vendémiaire an II (23 septembre 1793), noyé dans son bassin ou, suivant les sources, tué d’un coup de sabre. Sa dépouille est transférée au Muséum pour y être étudiée par les anatomistes.

Un spécimen historique
Son squelette est placé dans le Cabinet d’anatomie comparée. Cuvier est le premier à traiter de l’histoire naturelle des rhinocéros avec quelques détails sur ce spécimen. Depuis 1899, le squelette est exposé dans la Galerie d’Anatomie Comparée. En 1793, la naturalisation d’un animal de cette taille est une première en taxidermie. Sa peau vernie est tendue sur une armature cylindrique de chêne et de cerceaux de noisetier, avec quatre poteaux pour les pattes. En 1889, il est exposé dans la Galerie de Zoologie qui vient d’être ouverte. Il a été restauré en 1992, pour la Grande Galerie de l’Évolution. Sa corne s’est avérée être celle d’un rhinocéros noir africain. Elle a donc été remplacée par le moulage d’une corne tronquée de rhinocéros indien, provenant des anciennes collections royales. Elle pourrait être l’originale.

Où le trouver ?
Le rhinocéros de Louis XV se trouve au niveau 3 "L'évolution de la vie" dans l'espace historique.
 

Restauration du rhinocéros de Louis XV

La rhinoplastie : restauration du rhinocéros de Louis XV © MNHN - Frédéric Dubos et Sébastien Pagani

Fiche espèce : le rhinocéros indien (Rhinoceros unicornis)

Généralités
C’est la plus grande espèce du continent asiatique. Mâles et femelles ont une corne unique, jusqu’à 50 cm de long. Les mâles adultes sont plus grands que les femelles et peuvent mesurer jusqu’à 3,8 mètres. Le poids peut aller jusqu’à 2,7 tonnes et ils peuvent vivre jusqu’à 40 ans

Statut
Depuis les mesures de protections, les populations de rhinocéros indien sont en augmentation mais l’espèce est encore classée comme vulnérable.

Répartition
Autrefois largement réparti au pied des contreforts de l’Himalaya, l’espèce est maintenant confinée dans quelques régions du nord de l’Inde et au Népal.

Habitat et mode de vie
Il vit dans les plaines et les marais où il se nourrit d’herbes, de fruits, de feuilles et plantes aquatiques. Sa lèvre supérieure, préhensile, l’aide à attraper sa nourriture. Il peut courir, sur de courtes distances, jusqu’à 55 km/h. Ses pattes en pilier ont trois doigts chacune. Il a une excellente ouïe et un très bon odorat, mais sa vue est mauvaise. Sa peau est épaisse et brun-argenté, avec des plis énormes aux épaules et aux cuisses. Les pattes et les épaules sont couvertes de sortes de verrues.

Reproduction
Ils vivent en solitaire en marquant leurs territoires. La reproduction peut se faire toute l’année, la femelle donnant naissance à un seul petit d’une cinquantaine de kg.