La restauration des biens culturels est une démarche ancienne, dont les bases intellectuelles et théoriques ont été développées essentiellement à la fin du XIXe siècle. Elle n’a longtemps concerné que les collections des Beaux-Arts, pour se tourner vers l’Histoire naturelle depuis peu.


La Grande Galerie de l’Évolution a représenté le premier des chantiers majeurs sur ses collections que le Muséum national d’Histoire naturelle a connu durant les 40 dernières années. Ce chantier a montré que les rénovations d’ampleur étaient possibles pour des musées et des collections de science. Il a surtout été l’occasion, il y a près de 25 ans, d’envisager la restauration de collections anciennes, qui n’étaient pourtant pas réputées pour durer. Cependant, le souhait de pouvoir restituer les collections telles que les visiteurs les avaient connues a motivé cette démarche de rénovation des spécimens.

Si la question se pose moins de nos jours, la restauration des collections naturalistes et en particulier des montages de taxidermie s’est longtemps avérée chose délicate, voire impossible, tant la technique était fluctuante d’une production à l’autre.

Rénovation, restauration, quelle différence, après tout ? Entre ces deux termes se glisse l’épaisseur d’une étude préalable au geste : étude des matériaux constitutifs, compréhension des dégradations, réflexions sur les actions à mener selon la valeur des spécimens et de la manière dont ils peuvent et doivent être exposés. Mais ces études, menées parfois avec les appareillages d’investigation les plus performants, ne peuvent jamais se passer du regard et du toucher du taxidermiste : technologie et expérience d’atelier s’allient au service des spécimens.

En 25 ans, la restauration des naturalia a acquis ses lettres de noblesse, grâce aux équipes de taxidermistes du Muséum qui ont accueilli, encadré, enseigné à de nombreux étudiants spécialisés, mais aussi échangé, écouté, et complété leurs savoirs pratiques en équipes venant d’horizons variés. En 25 ans, le regard sur les animaux naturalisés a considérablement changé : auparavant perçus comme les trophées poussiéreux d’un passé colonialiste et cynégétique sanglant, ils sont compris de nos jours comme le socle historique et fondateur de nos connaissances actuelles en matière d’environnement : la restauration ne soigne pas que la seule matière, mais également le sens que chaque société et époque donne à son patrimoine.

Découvrez les coulisses de la restauration.